The news is by your side.

Éditorial : Que faire pour immobiliser l’évanouissement de la Gourde face au Dollar américain ?

48

La question est d’autant plus préoccupante que La Brève, votre journal en ligne en fait un arrêt majeur.
Ce lundi 10 décembre 2018, la Gourde connaitra une fois de plus, une chute drastique. 77 HTG pour 1 dollar américain. Un véritable coup de massue sur l’économie haïtienne. Plusieurs fois, la Banque centrale a tenté de dresser la barre; mais toutes les tentatives se sont avérées vaines. Et pour cause, le Conseil régulateur de l’économie déplore la complexité du problème.
Avec les taux de référence multiples sur le même marché, l’on est tenté de questionner le rôle de la BRH dans l’économie de notre pays. Les dix dernières années écoulées, la Gourde a connu une baisse lamentable par rapport au dollar américain. Le tableau ci-après démontre à suffire le taux de flagellation de la monnaie haïtienne
Année. Valeur
2018. 77,00 HTG
2017. 65,85 HTG
2016. 65,94 HTG
2015. 56,29 HTG
2014. 44,05 HTG
2013. 43,27 HTG
2012. 42,33 HTG
2011. 41,91 HTG
2010. 40,08 HTG
2009. 39,05 HTG
2008. 38,28 HTG
2007. 36,82 HTG
2006. 40,41 HTG
En réaction à cette défaillance, le président de l’association des économistes haïtiens, Dr Eddy Labossière, a regretté la dépréciation accélérée de la Gourde par rapport au dollar US. Le spécialiste en économie explique que l’appareil productif haïtien n’est pas performant pour produire des biens et services et ainsi permettre de limiter les importations. Du coup, le modèle mis en place ne peut produire des biens et services même pour la consommation intérieure. En outre, le pays dispose d’une économie presque totalement dépendante des autres économies pour la consommation intérieure. « On ne peut donc s’étonner que la Gourde se dévalorise de jour en jour ».
Haïti importe aujourd’hui jusqu’à la papaye, le coco, l’avocat et le citron dominicain.
L’économiste estime qu’il faut transmuter non seulement le modèle économique haïtien, mais aussi le modèle de croissance qui sont contre le développement du pays, qui profite à des groupuscules de personnes tapis dans l’ombre.
Eddy Labossière, ne va pas sans proposer les pistes de sortie de cette crise monétaire. « Ce qu’il y a comme solution, ce serait presque une révolution économique avec des mesures structurelles » a-t-il lancé, avant de conclure « les quelques familles qui détiennent toute la richesse du pays et qui arrivent à se tirer d’affaires, ne sont pas prêts pour cette révolution. Et comme conséquence, la richesse du pays pourrait risquer pour longtemps encore de n’être pas au service du développement ».
Il est dont à noter que si l’on veut remonter la pente, il faut encourager les importateurs à investir dans la production nationale, ce qui permettrait à l’économie de respirer, voire de prospérer.
Par Jean Michel Sincère
www.labreve.info

Les commentaires sont fermés.