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Jude Jean : « Notre mal nous appartient, à nous seuls, à nous tous, peu importe qui on en accuse… »

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Dans une tribune publiée ce mardi 26 février 2019 sur les réseaux sociaux, le député Jude Jean critique la montée en puissance des actes irresponsables et barbares qui ne cessent de s’accroitre dans le pays. Dans cette sortie, le parlementaire invite les uns et les autres à une prise de conscience populaire à fin d’éviter le chaos.
Votre journal labreve.info vous propose dans son intégralité, la tribune du député Jude Jean telle que parvenue dans sa rédaction.
AU-DELÀ DE LA TRÊVE !
Depuis tantôt huit mois, nous vivons en Haïti de fortes turbulences à la fois sociales, économiques et politiques. Citons au passage les émeutes de juillet, les évènements du 17 octobre, du 18 novembre 2018 et surtout le lockout de février 2019. Les houles de l’incompréhension, la décadence outrancière, ont failli emporter la République à ce je ne sais quel carrefour innommable ! La trêve n’est point déclarée ; cependant le constat d’une accalmie apparente, on en témoigne.
Le Président, le Gouvernement, le Parlement doivent s’avouer sur la condition miséreuse de ce pays qui n’est plus dirigé. Nous avons tous manqué à notre responsabilité. Principalement nous ne pouvons pas pérenniser de pareils agissements après les évènements ci-haut cités. Je parle de cette inconduite de fonctionner au même rythme, le lendemain d’une émeute comme s’il n’y avait aucune crise, et que tout allait à la normale.
En dépit des annonces du Président et du Premier ministre, peine est de constater l’absence d’une politique économique bien définie encline à baisser la cherté de la vie. Le riz ne constitue guère le principal problème de la population ; le riz importé en plus ! Les prix des produits poursuivent leur course vertigineuse ascendante, rareté fréquente de carburants, pénurie d’électricité, famine et chômage lacérant les entrailles de la population. Et en ce sens, je renouvelle mon invitation à mes collègues parlementaires à nous responsabiliser davantage. Afin d’effectuer notre travail de contrôle, pour le redressement du pays. Cet ultime effort nous aura permis de rétablir la confiance du peuple dans le Pouvoir législatif, je vous en conjure… Le plus tôt sera le mieux, et de fait l’heure est tardive, rectifions nos tirs !
Néanmoins, cette dite trêve, peut s’avérer réparatrice, si tout le monde, nous tous, citoyens de cette Terre, en faisons bon usage, non pas pour de la jouissance, plutôt une trêve qui nous servira de reposoir, tous ensemble, autour des grands maux d’Haïti, pour dire halte-là, se responsabiliser, et réfléchir sur les concessions et les grandes directives qui nous amèneront à une impasse autre que celle où l’on se trouve tous avilis, enlaidis, déshumanisés.
La misère, le chômage, l’iniquité sociale, la violence, la démagogie ne font aucun ménage bénéfique au profit du bien-être collectif. Le temps de la trêve. Le temps pour dialoguer franchement et simplement. Non pas pour calmer le jeu un tant soit peu, pour un changement certes, durable surtout, afin que certainement l’on parvienne à vaincre cette malédiction. La malédiction de n’être point à la hauteur de notre glorieuse histoire.
Le Président acquiescera d’être clairement ouvert au dialogue. Prezidan an dwe pwouve vrèman ke li sou CHITA PALE. Prezidan an ak Premye Minis la dwe antann yo pou yo voye yon siyal klè ke yo pou dyalòg là. Pour un tête-à-tête franc, avec toutes les options sur la table. D’où la fragile nécessité d’un médiateur crédible, expérimenté, afin qu’il y ait transparence, ensemble qu’on définisse les règles du jeu.
Que ce dialogue accouche une « table rase », qu’il débouche sur un Gouvernement avec la participation de tous les acteurs (non pas dans une logique de partage de gâteau, mais pour éviter le chaos et préparer un procès Petrocaribe équitable). Que le dialogue accouche l’abrogation des privilèges des hauts placés (et c’est une nécessité aujourd’hui), qu’il nous amène à écourter le mandat de tous les élus, y compris celui du Président, puis s’en suivront des joutes anticipées… Peu importent les conditions, qu’il se tienne !
Ces violentes manifestations « peyi lock » ne nous auront laissé que des cadavres, l’intensification de la souffrance du peuple, l’endommagement des infrastructures, des déficits énormes. C’est pourquoi, j’aurais encouragé l’Opposition à comprendre qu’il n’y a point qu’un seul chemin menant à Rome.
Le Pouvoir, l’Opposition et tous les autres secteurs doivent tout faire pour éviter le recru de violence et de catastrophe qu’encourt le pays. Tout cela au bénéfice de nos écoliers et étudiants en passe de perdre l’année scolaire, la masse affamée, les jeunes au chômage, les paysans abandonnés… Et compte tenu de la saison cyclonique qui s’amène dans quelques mois, l’instabilité, la non-gouvernance de l’État, il importe de calmer le jeu.
Actuellement, nombre de partis politiques et organisations œuvrent sur des propositions, croient-ils, aptes à faciliter la résolution de la crise. Certains d’entre eux ont déjà diffusé les leurs. Des jeunes engagés contre la corruption, pour une nouvelle société, sont présentement en consultation afin de soumettre une alternative sûre à la nation.
Les propositions fusent de toute part. L’Opposition, les différents secteurs désireux de changer le cours des choses se doivent de comprendre que la nécessité se porte sur un travail collectif capable de solutions non-violentes à la crise, dans l’intérêt de la population.
D’ailleurs s’il est vrai que nous défendons, tous, le peuple, il n’est point moins vrai que notre condition se diffère de la sienne. 2 zòm mouye nan lapli, gen youn ki pi mal, dit-on, pi mal la se pèp la.
« De gras, ann sispann tire sou kòd la. »
Notre mal nous appartient, à nous seuls, à nous tous, peu importe qui on en accuse. Car nos choix et nos agissements s’y prédisposent depuis des décennies, si longtemps, que le mal s’incruste dans notre gène, dans notre être. Nous sommes devenus notre propre mal. Et aujourd’hui, en ce temps tissé d’incertitudes, l’histoire nous appelle et nous enjoint à faire volte-face. Nous devons, par le dialogue et une prise de conscience collective sincère, inexorablement, renverser notre criante réalité qui nous déshonore. Ann
sispann konte kadav ak deblozay, an nou youn rankontre ak lòt pou n sòti nan penitans sa.
Mon souhait pour chacun des acteurs, mon souhait pour vous et moi n’est autre que de la sincérité, et du discernement en cette période !
Jude Jean, Député
La rédaction

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