GENÈVE – Un rapport accablant du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme met en lumière l’ampleur dramatique de la crise sécuritaire en Haïti. Entre mars 2025 et janvier 2026, plus de 5 500 personnes ont été tuées dans un contexte de violences généralisées impliquant gangs, forces de l’ordre et groupes d’autodéfense.
Les gangs, désormais bien au-delà de Port-au-Prince, contrôlent des axes routiers et maritimes stratégiques, consolidant leur pouvoir économique et militaire. Meurtres, enlèvements, extorsions et trafics en tous genres plongent la population dans une terreur constante.
Le rapport dénonce également des violences sexuelles massives, avec plus de 1 500 femmes et filles victimes, souvent de viols collectifs. Parallèlement, des cas d’exécutions sommaires attribuées aux forces de sécurité et l’usage controversé de frappes de drones soulèvent de graves inquiétudes sur le respect des droits humains.
Selon Volker Türk, « il est essentiel de rétablir la sécurité tout en respectant pleinement les droits fondamentaux ». Pourtant, l’impunité reste largement répandue, et peu d’enquêtes ont été ouvertes.
Malgré quelques avancées judiciaires, l’ONU insiste sur l’urgence de renforcer l’État de droit, lutter contre la corruption et s’attaquer aux inégalités sociales profondes qui alimentent la crise.