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Éditorial : Festi-Color, entre consentement et dérive collective

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Arrêtons de nous mentir.

Ce qui s’est produit à Festi Color n’a rien d’un jeu. Rien d’innocent. Rien de festif. C’est une scène de dérive collective, applaudie, filmée, partagée — et pire encore, acceptée.

Une main pleine de peinture posée sur la poitrine d’une jeune femme. Voilà l’image. Voilà le symbole. Et autour ? Des regards passifs, parfois amusés. Personne ne stoppe. Personne ne dit non. Comme si tout cela allait de soi.

Non, ça ne va pas de soi.

Ce n’est pas la fête qui est en cause. C’est ce que nous sommes devenus dans la fête. Une société où certains se sentent autorisés à toucher, envahir, disposer du corps des autres sans même se poser la question du consentement.

Et le plus inquiétant, c’est cette banalisation.

On excuse. On relativise. On rit.

On parle d’ambiance. On parle de concept.

Comme si le respect était une option.

Soyons clairs : quand une main se pose sans consentement sur un corps, ce n’est pas un jeu. C’est une transgression. Point.

Mais le vrai scandale dépasse ce geste.

Le vrai scandale, c’est le silence collectif.

Cette foule qui regarde et qui valide, par son inaction.

Cette société qui préfère le spectacle à la dignité.

Aujourd’hui, on appelle ça Festi Color.

Demain, on appellera ça autrement.

Mais le fond restera le même : une incapacité grandissante à fixer des limites, à protéger, à dire stop.

Une société qui ne sait plus protéger le corps des siens est une société qui se perd.

Alors oui, il faut le dire sans détour :

ce n’est pas seulement un dérapage.

C’est une honte.

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