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Haïti Covid-19 : le pays où la propagation nocturne de la maladie serait plus évidente que le jour

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Pour lutter contre le Covid-19 et limiter sa recrudescence à travers le territoire national, le président Jovenel MOÏSE, dès la détection des deux premiers cas de contamination, a pris des mesures pour protéger la population contre la maladie. Confinement, couvre-feu, fermeture des églises, des écoles et Universités, interdiction des rassemblements de masse, distance sociale d’un (1) à deux (2) mètres d’une personne à une autre, sont en autres les décisions prises au plus haut niveau de l’Etat. En dépit de tout, certaines activités, bien qu’interdites, ne cessent pas de fonctionner comme avant, notamment à Port-au-Prince.
Le 3 avril dernier, nous avons sillonné plusieurs endroits à Port-au-Prince. Nos constats ont montré le contraire de ce que l’Etat a établi comme normes. Les camionnettes et les autobus, en dépit des interdictions, continuent de transporter des passagers comme des sardines entassées. Des gens déferlent dans les rues de la capitale à longueur de journée, comme d’habitude.
Parallèlement, des individus se sont massés quotidiennement devant plusieurs bureaux de l’Ofice National d’Identification (ONI) dans l’aire métropolitaine de Port-au-Prince, pour retirer leurs nouvelles cartes. À l’heure où le bilan du Covid-19 s’accroît au pays, cet organe de l’Etat, sans trop inquiétude expose la vie des citoyens(ennes) qui veulent se doter d’une carte d’identité. Pour plus d’un, ce double jeu de l’Etat démasque le cyclisme, l’insouciance et l’hypocrisie de nos autorités dans la gestion de la crise liée au Covid-19.
Au marché public de Tabarre, les marchands(des), malgré une clientèle très mince, continuent de vaquer à leurs activités. Comme si le Covid-19 est une maladie qui n’existe que dans l’imaginaire chez les Haïtiens(ennes). Même cas de figure au marché de Dumornay, situé à Delmas 33. Les marchands(des) des produits alimentaires et les détaillants(tes) assis(ses) sur leurs sièges en attendant l’arrivée des clients pour écouler leurs produits.
Au Champs-de-mars, les activités ont été également au rendez-vous. Comme avant, le climat n’a pas trop changé dans les périmètres du plus grand lieu public du pays. Dans un concert de bruits et de musiques, les commerçants(tes) se sont livrés(ées)à fond pour desservir leurs clients. Nourritures, BBQ, boissons gazeuses et alcoolisées, tels sont les éléments qui constituent en grande partie le menu de ces restaurants, situés au coeur de la place des Artistes. Compte tenu de la quantité de gens qui continuent à fréquenter cet espace, on dirait que les Haïtiens(ennes) ne se sentent pas jusqu’ici, exposés(ées) au Coronavirus.
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Si le confinement et la distance sociale établis ne font pas l’unanimité dans la capitale haïtienne et dans d’autres villes de province, pour le couvre-feu c’est tout à fait différent. Les forces de l’ordre ont déjà déployé un grand effort pour faire respecter celui-ci, donnant par exemple, à plusieurs reprises, des contraventions aux chauffeurs qui roulent au delà des heures du couvre-feu. Aussi, les policiers chassent-ils à coup de fouet presque toutes les nuits les personnes qui circulent dans les rues de la zone métropolitaine de Port-au-Prince après 21 heures. Certaines fois, ils ont arrêté également des noctambules qui se promènent tard dans la rue et les mettre en garde à vue.
La passivité des policiers qui, durant la journée, font fi des comportements des gens qui transgressent les mesures de sécurité établies par les autorités et leur stricte vigilance pour faire respecter le couvre-feu, laissent beaucoup à désirer. Face à leurs réactions, nous avons l’impression que le Covid-19 peut se répandre seulement la nuit. Un fait paradoxal qui mérite de passer au crible. En ce sens, nous pouvons demander pourquoi les forces de l’ordre ne prennent pas également des sanctions contre les contrevenants aux règles du confinement? N’y a t-il pas d’autres mobiles derrière cette vigilance des policiers qui luttent ardemment à faire appliquer cette règle? La vie nocturne en Haïti semblerait plus facile à multiplier le Covid-19 que les activités diurnes. Cependant, les marchés publics et le transport en commun, où les risques de contamination sont plus élevés, continuent à fonctionner sans aucun contrôle des autorités sanitaires.
La Brève Info

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