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L’affaire mon cash de Jovenel Moise : Un discours propagandiste et manipulateur

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Nous sommes, le petit peuple, touchés depuis tantôt 2 ans par une crise socio-économique amère où l’on est coupé de nos besoins les plus élémentaires. Les moments deviennent l’un plus difficile que l’autre de suite, de l’affaire du carburant (des 6 et 7 juillet 2018) passant par le pays lock pour le procès petro-caribe, notre quotidien nous est devenu un inconnu à nos yeux. Qu’avons-nous fait pour arriver à cela ?

Nous survivons d’une misère au plus haut point. Nous sommes donc le spectateur de notre propre destruction. Des promesses sans fin, cela ne manque pas venant de nos dirigeants. Quelles réactions vis-à-vis des dirigés ?

Ajouter à cela, le 19 Mars dernier, dans un point de presse, le Président a fait mention de deux cas d’infections par le Covid-19 dans le pays. Une grippe qui fait rage dans le monde. Une nouvelle qui n’a point ébranlé le petit peuple qui inspire haine et méfiance aux dirigeants. Le lendemain du 20 mars, le gouvernement a décrété l’état d’urgence sanitaire et le confinement sur tout le pays. Quelle mesure pour accompagner la population à rester dans le confinement ? Une décision hâtive, le confinement, afin de prévenir une éventuelle propagation massive de la population par le virus. Dans une coopération public-privée visant à lutter contre le virus, le président a annoncé le 28 avril dernier un support financier de 3,000 gourdes via le service Mon Cash de la compagnie téléphonie mobile Digicel aux plus démunis. Celui-ci, le support financier, devrait toucher 1.500,000 bénéficiaires. Quelle logique qui traverse ce discours ? Quelles sont les procédées à suivre ?

Le service mon cash, si l’on voudrait le comprendre, se fait électroniquement d’un utilisateur à un autre, ou d’un agent à un utilisateur. Ce dernier, doit avoir un compte créé en son nom avec des informations personnelles. Quelle restriction faite aux utilisateurs ? L’on peut donc constater, malheureusement, qu’une personne peut ouvrir plusieurs comptes sur un seul nom avec les mêmes informations et le même PIN. Le mois de décembre dernier, les responsables de la compagnie Digicel ont annoncé que le service est à 1.500,000 utilisateurs et qu’ils travaillent davantage afin d’élargir le nombre. Est-ce seulement les comptes avec des noms uniques ou mêmes ceux avec les mêmes noms ? Est-ce aussi une coïncidence au nombre de bénéficiaires énoncés par le président dans son discours ? Ou du moins, peut-on être un bénéficiaire sans être un utilisateur ? 

A écouter le PDG de la Digicel, M. Martin B. dans une interview qu’il a accordé à des stations de radio dans la capitale le 30 Avril dernier , il nous laisse croire qu’il n’y a aucune vraisemblance entre ce qu’a dit le président, je cite : « n ap fe lajan an rive nan poch tout ti malere, lavil k ou andeyò » et ses propos à lui, le PDG de la Digicel, je cite : « prezidan an chwazi nimewo yo, li voye lis lan ban nou pou n verifye si nimewo yo disponib, answit nou retounen l ba li pou dènye verifikasyan » dans la logique de distribution.

Qui sont-ils, les « moun andeyò » énoncés par le président ? Est-ce ceux-là qui n’y connaissent rien en électronique ? Est-ce ceux-là qui, possédant un téléphone mais pour composer un numéro doit avoir l’aide de quelqu’un d’autre ? Si l’on reste dans la logique du nombre d’utilisateurs du service, pourquoi une liste venant directement du président ? Sinon, que se cache-t-il ? Comment le président choisit-il les bénéficiaires ? Combien des « ti malere » comme dit le président qui ont un compte mon cash ? Comment le président va-t-il identifier les « ti melere andeyò et timalere lavil » ? La géolocalisation de la Digicel ? Pourquoi le service mon cash ?

Sur certains réseaux sociaux, il y a des listes faisant croire que ce sont les Maires et CASECs des sections communales qui remplissent les listes et les faire parvenir au président. Et si c’était vrai, qui sont vraiment les bénéficiaires sur la liste, les proches des magistrats et CASECs ou ceux-là qui en ont le plus besoin ? On a qu’à observer le mode de gestion des dirigeants pour déduire qui sont vraiment les bénéficiaires. Une source pour la corruption.

Depuis, la Digicel ne cesse, via des messages automatiques de la compagnie, de demander à ses clients de créer leur compte mon cash afin d’agrandir la liste des utilisateurs. Un bon coup de promotion gratuite de l’Etat pour la compagnie. Promotion dans la mesure où, le nombre de vente des cartes SIM va augmenter puisqu’une seule personne peut acheter le nombre de carte et d’ouvrir le nombre de compte mon cash qu’elle désire. Y a-t-il de meilleur deal entre les deux parties ? En quoi la compagnie donne sa participation dans la lutte contre le virus ? Est-ce pour avoir laissé tomber les frais de transfert sur les transactions ? 

La logique dit que l’on achète en stocke, l’acheteur bénéficie d’office d’une réduction sur les petits détails. Ce n’est nullement une grâce. Comprenons ensemble, combien de temps que la compagnie devrait mettre pour réaliser 1,500,000 transferts d’un montant fixe de 3,000 gourdes d’un seul client, avec un bénéfice de 72 gourdes sur chaque retrait enregistré ? Pourquoi déclinerait-elle une offre pareille juste parce qu’elle fait fi des un 1% des frais de transfert ? C’est de l’argent cash pour la compagnie.

De promesses en promesses, chaque discours du président ne cesse de faire augmenter le doute autour de sa bonne volonté à aider le pays à sortir de ce trou.

Francky SAINT-FLEUR

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